L’antithèse : 10 raisons de ne pas se lancer dans le e-commerce.

Il y a quelques jours, était publié un article vantant les mérites du e-commerce et les raisons qui pouvaient pousser tout un chacun à tenter l’aventure. Mais les choses furent claires dès le début de l’article: il y a bien plus de raisons de ne pas s’engager sur cette voie. Ou tout du moins, il faut le faire en connaissance de cause. Donc pour faire suite au dernier article qui se voulait motivant, voici son antithèse, non pas pour vous démotiver mais pour vous faire prendre conscience des difficultés auxquelles vous ne manquerez pas d’être soumis.

Autant le premier article, motivant, pouvait être pris au second degrés, autant les points négatifs abordés aujourd’hui devraient vraiment être pris au sérieux !

  • La concurrence naturelle : quelque soit le marché sur lequel vous allez vous engager, il y a de la concurrence, plus ou moins forte selon la niche choisie. Tous rêvent de percer dans leur secteur, tous rêvent de devenir riches et la majorité va tout faire pour y parvenir. Affutez votre esprit combatif car au moment où vous vous lancez, vous entrez en guerre contre eux. Et certains auront forcément beaucoup plus de moyens que vous pour mener cette bataille !

  • Les concurrents « ripoux » : Si vous pensez qu’il y a une certaine éthique dans votre secteur, balayez immédiatement cette idée de votre tête et tenez-vous prêt au pire. Certains vendraient père et mère pour balayer un concurrent. Leur activité favorite : frapper là où ça fait mal, et frapper de plus belle sur un ennemis à terre. Ça va du pas trop méchant qui va tenter de vous décrédibiliser en postant des commentaires négatifs sur votre société un peu partout, jusqu’au psychopathe qui n’hésitera pas à utiliser du Negative SEO (l’inverse du référencement : des techniques permettant de faire pénaliser, voir blacklister votre site par Google, pour vous faire plonger dans les abysses de du fameux moteur de recherche, ou pire encore, d’associer votre site à des mots-clefs assassins comme arnaqueur, voleur, escroc…) ou vous donner une réputation exécrable, ruinant ainsi vos chance de concrétiser vos ventes. Ce genre de personnes ne se rencontre pas à tous les coins de rue mais c’est une possibilité à ne pas écarter.

  • Vous avez une idée géniale, unique et vous êtes certain qu’elle va cartonner : désolé mais statistiquement, votre idée a plus de chance d’échouer que de réussir. Si vous la trouvez unique, cela ne veut absolument pas dire que personne n’y a pensé avant vous. Certains l’ont certainement fait et s’y sont cassé les dents ou bien après une analyse plus poussée, ils se sont rendu compte qu’elle ne valait pas son pesant de cacahouète au niveau commercial, donc restée inexploitée.
    De plus votre idée géniale et unique part déjà avec un gros handicap : elle est tellement fabuleuse, que vous ne voulez en parler à personne pour ne pas vous la faire voler. Les seuls avis que vous avez avant de vous lancer, c’est généralement le votre (pas objectif), votre famille et vos amis : eux non plus pas objectifs, et la plupart du temps sans qualifications nécessaires pour en juger la faisabilité. Cela ne veut pas dire que toutes les idées géniales sont vouées à l’échec, certains deviennent millionnaires avec des idées comme cela, mais dans ceux qui ont tenté d’exploiter une idée géniale, quel est le pourcentage de ruinés / millionnaires à votre avis ?

  • Vous êtes le patron : tient, voilà un point qui était dans la liste des « points forts » pourtant…Sauf qu’être patron, ça peut virer au cauchemar quand tout ne se passe pas bien. En cas de problème, vous serez seul en définitive, vous devrez prendre des décisions franchement pas évidentes et les assumer pleinement, tout repose sur vos épaules. Et cela n’est pas toujours facile à vivre ! Sans compter que vous allez devoir vous remettre sérieusement en question au début : apprendre, apprendre et apprendre des choses que vous n’aviez pas imaginé au départ. De simples erreurs administratives, par ignorance, peuvent avoir de fâcheuses conséquences sur votre activité par exemple.


 

  • Les responsabilités : c’est pour vous aussi, vu que vous êtes le patron… Pour l’exemple, l’erreur la plus commune consiste à penser que le fait de choisir le statut de SARL préserve le patron de ses responsabilités ainsi que ses biens personnels. C’est uniquement dans les grandes lignes ça… Mais dans la pratique, il existe tout un tas d’exceptions pouvant vous mettre en péril. Les tribunaux peuvent estimer que la mauvaise gestion du gérant est la cause de la faillite de la société et ainsi prendre sur ses biens personnels pour réparer d’éventuels préjudices. Idem au niveau pénal… (cf ce lien)
    Un fournisseur qui vous plante en dropshipping, et votre rêve peut devenir un cauchemar.

  • Les mauvais prestataires ou le mauvais choix des prestataires : C’est malheureusement un problème auquel on peut tous être confronté quand on lance une activité, en particulier une boutique en ligne car le processus englobe plusieurs secteurs très techniques auxquels on est souvent étranger au début. Frapper aux portes des experts les plus compétents et renommés ne sera peut-être pas à la portée de votre budget, donc vous serez tenté de vous rabattre sur des agences plus modestes, ou des auto-entrepreneurs aux tarifs plus légers. Loin de moi l’envie de leur jeter la pierre (surtout que je suis moi-même auto-entrepreneur) mais il y a du très bon comme du très mauvais…
    Que ferez vous par exemple si vous vous retrouvez avec une boutique en ligne totalement inadaptée à vos clients, à vos besoins ou ingérable par un débutant car trop complexe ou parce que vous n’avez eu aucune formation pour vous en servir ? Vous allez l’attaquer en justice et manger des cailloux en attendant ? Vous allez recommencer avec un autre prestataire et payer 2 fois votre site (si vous avez les fonds nécessaires) ? Et si vous avez été mal conseillé à la base et que vous avez mis tout votre budget dans la conception de votre boutique sans penser à sa promotion, son référencement, son suivi,…?
    C’est malheureusement quelque chose que l’on voit souvent dans ce domaine…

  • Si vous peinez à faire décoller votre boutique, elle peut devenir un vrai sacerdoce au bout d’un moment : vous travaillerez beaucoup pour lui donner son envol et recevrez peu. La notion de temps+efforts VS bénéfices peut transformer votre activité en un vrai chemin de croix. Ce qui engendra une véritable obsession, ayant des conséquences sur votre vie de famille et votre sérénité. Le plaisir et la fierté d’être son propre patron peut en prendre un sacré coup, vous faisant parfois regretter le temps où vous étiez salarié.

  • Les impôts, les charges et les cotisations diverses : étant salarié, vous trouviez déjà que vous donniez beaucoup aux impôts ? Maintenant que vous être patron, vous venez de passer à un niveau supérieur… C’est un peu comme un don du sang obligatoire et régulier mais sans limite de sécurité, on va vous pomper plus de la moitié de votre réserve de sang, même si ça doit vous laisser sur le carreau. L’analogie entre les 2 n’est ici pas anodine puisque les résultats sont similaires : état fébrile, teint blanchâtre et cadavérique, désorientation, nausées… Un bon comptable est loin d’être un luxe…

  • Se surestimer peut être fatal : vous n’avez pas un gros budget et vous pensez que vous allez faire le maximum de choses tout seul. Et c’est naturel, puisque de nos jours on trouve des articles, tutoriaux et conseils sur à peu près n’importe quel sujet, vous pensez que vous allez faire le maximum de choses vous-même, vous former sur le tas, et vous améliorer au fur et à mesure. Ce qui dans un sens est vrai puisque plus vous avancerez, plus vous pourrez ramener certaines compétences en interne. Mais pas n’importe comment, ni n’importe quand… Premièrement, se former cela demande un temps fou et un apprentissage par la mise en pratique et…par l’erreur. Ensuite, on ne peut pas être bon partout, et encore moins du jour au lendemain. Si vous pensez qu’en quelques mois vous arriverez à gérer votre boutique, votre blog, votre hébergement, les réseaux sociaux, les campagnes du pub, les emailings, les landing pages, le référencement, le graphisme, le webmarketing… comme un pro… (pas la peine de finir la phrase, vous avez compris…) Pour réussir, il vous faudra externaliser certaines taches, ce qui a un coût non négligeable. Et être proche de vos intervenants pour apprendre d’eux, insister pour avoir un minimum de conseils et de formation.

  • L’échec… Même si c’est quelque chose que l’on ne doit pas envisager, il est obligatoire de le mentionner dans cette liste de points négatifs. Car l’échec est une chose qui est difficile à vivre. Surtout quand on a mis toute sa volonté, son temps, son argent, ses compétences, ses espoirs dans un projet pour en assurer la réussite… Il est toujours plus facile de monter que de descendre comme on dit, et un échec, psychologiquement c’est une chute.
    C’est aussi, malheureusement, une chose qui va vous suivre un moment : si vous décidez de retourner à un emploi salarié après, vous allez surement mentionner sur votre CV votre création d’entreprise et la première chose qu’on va vous demander, c’est pourquoi vous avez stoppé. Un futur patron, dans son inconscient, n’associera pas votre tentative comme une partie de votre vie où vous avez acquis de nombreuses compétences qui pourraient être utiles à sa société, il l’associera négativement à un échec. Que vous ayez stoppé suite à un problème de santé ou bien parce qu’une météorite vous est tombé dessus, c’est ce côté négatif qui sortira en premier, parce que c’est dans la nature humaine…

Uniquement pour le Dropshipping :
– Les annulations de commandes via le droit de rétractation légal de 7 jours : tous les dropshippers ne le prennent pas en charge, à vérifier dans les CGV.
– Les retours clients, le SAV : en cas de fournisseur Français pas de soucis, mais si le client doit renvoyer le produit en Chine ou aux USA, qui va payer les frais de port ? Le client ne sera pas d’accord vu qu’il vous l’a acheté à vous, en France…
– Les frais de douane : quasiment tous les dropshippers étrangers expédieront les produit sous la mention Gift (cadeaux) pour éviter les frais de douane. Sauf que d’une part, c’est totalement illégal (import illicite), et ensuite si la douane tombe dessus, les frais de douane seront réclamés à votre client, qui pourra à juste titre se retourner contre vous.
– Les produits de mauvaise qualité : imaginez vendre un jouet pour enfant qui ne respecte pas les normes de sécurité établies en France/Europe. Si un enfant se blesse avec, qui a vendu le produit au client final ?
– Si vous optez pour un dropshippers hors Europe, il y a peu de chance qu’en cas de problème (marchandise non livrée par exemple), vous finissiez par obtenir gain de cause

Nous voici arrivé au terme des 10 raisons (+ les additions dropshipping) décourageantes dans la création d’une boutique en ligne (il reste encore quelqu’un ici ?), qui sont loin d’être exhaustives… J’espère que vous n’avez pas le moral dans les chaussettes et que je ne vous ai pas trop découragé mais quand on se lance dans un projet qui peut modifier sa vie, il est primordial d’en appréhender tous les risques. Et il était important de faire cette petite mise au point avant de continuer sur des articles plus concrets.

Certains points ou tout du moins la façon dont ils ont été abordés ici sont à relativiser car malgré la volonté de rester généraliste, il ne faut pas perdre de vue que le sujet principal du site reste le dropshipping et que cette pratique aura plutôt tendance à attirer les futurs entrepreneurs désirant soit en faire un complément d’activité, soit se lancer à moindre frais. Ils n’auront pas forcément le même budget pour débuter que d’autres personnes désirant lancer une boutique pour leurs propres produits et un budget conséquent.

C’est pour cela que la majorité des futurs articles qui seront présentés mettrons l’accent sur le « DoItYourself » (faites le vous même). Restez juste conscient que si vous faites presque tout vous-même, serez loin du résultat d’une boutique orchestrée par des experts externes en e-commerce. Il vous faudra redoubler d’ingéniosité et de travail pour faire connaitre votre boutique en ligne. En contre partie, votre budget sera minime comparé à un minimum de 50000€ nécessaire pour un lancement géré par des pros.

Aller, pour vous redonner un peu de peps, retourner lire une petite fois le pendant positif de cet article : les 10 raisons de monter une boutique en ligne. Vous n’allez pas me dire qu’on peut vous décourager aussi facilement, quand même ? 😉

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8 Responses

  1. Eva dit :

    Allez, je vais te donner une raison de plus. Moi, je me suis planté sur mon premier site e-commerce. Ca m’a couté un rein ! On est loin de la tranquillité d’être un bon petit salarié bien docile.

  2. Denis D dit :

    J’ai l’impression de m’être reconnu dans tous les points, c’est grave docteur ?
    Je cumule les idées vouées à l’échec 🙂
    Enfin, comme photographe, je me débrouille plutôt bien, c’est comme patron que ça craint …

  3. MaTheRyS dit :

    Rhoo, j’ai du mal à vous croire quand même… pas tous…
    Certaines photos sur votre site sont vraiment magnifiques !
    Si j’avais votre talent, j’essaierai d’être plus actif sur les réseaux sociaux. Connaissez-vous ping.fm ?

  4. louise dit :

    Très intéressant et trop rare comme analyse par rapport à tous ceux qui promettent fortune….et qui sont en générale ceux qui fournissent conseils et outils.

    Comme dit JP Crenn dans son livre le VADOR que je vous recommande, le e-commerce c’est comme la ruée vers l’or, ce sont les vendeurs de pioches qui font fortune.

    Et j’ajoute une onzième raison : il faut d’enormes moyens en 2012 pour se lancer : un bon site (15-30k), un budget pub adword (15-20k)…déjà beaucoup et pour ceux qui vendent sur stock une avance de treso de 15-30k aussi.

  5. Clem dit :

    J’ai déjà vécu le deuxième point :’S ! Par contre je me suis un peu renseigner et je suis presque sur qu’en France en tout cas, déposer des commentaires uniquement pour nuire à un concurrent est totalement illégal.

  6. Marc dit :

    Pour ma part, je ne vais pas aller dans le même sens, j’ai créé par hasard un site de e-commerce en 2006, qui vendait des hamacs et j’ai démarré avec 400 €, c’est vrai que c’était il y a longtemps maintenant. Mais cette activité m’a correctement rémunéré et permis d’en développer d’autres. Tous mes projets n’ont pas été un succès mais je pense qu’il est encore possible de développer de nouvelles histoires dans le e-commerce, même si maintenant, il faut en effet plus de moyens !

  7. Michel dit :

    Bonjour,
    Selon vos conseils ne pas se lancer en e commerce, n’ ayant pas de budget, concurrence totale, et peu compétitif, ok mais quoi faire?
    Merci.

  8. Morgan dit :

    La lucidité et la sincérité sont les conditions sinequanones a la réussite de toute entreprise mais elles ne mettent pas à l’abri d’erreurs (errare humanum est) , le zéro risque n »existe pas mais qui n’ose rien n’a rien.Je suis actuellement sur un projet de boutique en droshiping a la recherche de fournisseurs sérieux , votre article aurait tendance a me motiver (une petite claque de temps en temps permet de rester éveillé et de ne pas se faire avoir par les marchands de reve).Merci

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